Antoine Carbonne s’intéresse aux constructions du monde, à ce qui reste des formes que l’homme a pris soin d’élaborer, que ce soit des architectures ou des traces d’une vie quotidienne. Ainsi, une de ses dernières séries prend le quartier de la Défense comme point de départ, qu’il documente à l’aide de photographies et de vidéos pour mieux le reconstruire, le reconfigurer.
En résultent des paysages urbains qui mettent en cause la notion de point de fuite : Carbonne dit vouloir créer de la profondeur sans se sentir pour autant asservi aux règles de la perspective, « pour simplement permettre au regard de circuler ». Un immense ciel parsemé de nuages apparaît alors à la cime d’immeubles gris et plats qui ont presque disparu.
Le peintre travaille exclusivement à partir d’images qu’il a lui-même récoltées, qui sont autant de « trouvailles » extraites du réel—forcément subjectives puisque cadrées, découpées dans le paysage— avec une vraie implication documentaire.
Il insiste sur l’idée d’ « assemblage » et cherche à créer des natures mortes contemporaines, qui témoigneraient le plus possible d’une « intention » organisatrice de la part de l’artiste. Ainsi, la grande toile Feu donne à voir un feu de camp : une canette fluo a été abandonnée là, dans les flammes. Et l’image semble résonner avec l’idée de précarité des logements de fortune, dans les bois, en région parisienne. Une fois encore, l’image glisse, sans point de fuite pour la retenir. Reste une immense tâche rougeoyante qui crépite.

« Antoine Carbonne is interested in the constructions of the world, in other words: what remains of the forms that man has taken care to develop, either architectures or traces of daily life.
Thus, for one of his latest series, he took the district of La Défense as a starting point.
His basis material is a bunch of photographs and videos which he uses to reconstruct and
re-configure spaces.
Resulting urban landscapes that challenge the notion of vanishing point: Carbonne says he wants to create depth without feeling much enslaved to the rules of perspective, « to simply allow the eye to travel. »
An immense sky, dotted with clouds, appears on top of gray buildings that have almost disappeared.
The painter works exclusively from images he collected himself, all of which are « finds » extracted from the real world -necessarily subjective because framed cut into the landscape, with a real documentary involvement .
He emphasizes the idea of « assemblage » and seeks to create contemporary still lives, which testify as much as possible of the « intent » from the artist in the organization of the pictures. Thus, the large canvas Fire shows a campfire in which a fluorescent can was abandoned -there- in the flames. And the image seems to resonate with the idea of precarious makeshift homes in the woods, near Paris. Once again, the image slides without vanishing point to retain it. Only a wide red crackling spot remains. »

Léa Bismuth


Porte fenêtre à Châteauroux
huile sur bois
120x80CM
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sans titre
huile sur toile
130x195cm
(courtesy private collection)

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sans titre
huile sur bois
80x110cm
(courtesy private collection)
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sans titre
70x110cm
huile sur bois
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sans titre
110x80cm
huile sur bois
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manipulation
80x110cm
huile sur bois
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centrale, Espagne
gouache sur papier
60x80cm
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rangers
gouache sur papier
70x100cm
(courtesy private collection)

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sans titre
gouache sur papier
60x80cm

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sans titre
gouache sur papier
80x60cm

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le triangle
gouache sur papier
80x60cm
(courtesy private collection)

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sans titre
gouache sur papier
100x70cm

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sans titre
gouache sur papier
70x100cm
(courtesy private collection)

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temple de Mars
huile sur bois
100x80cm
(courtesy private collection)
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all images ©Antoine Carbonne